Dyslexie - dysorthographie

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GERER UN TROUBLE D'APPRENTISSAGE

La dyslexie et la dysorthographie sont des « troubles spécifiques et durables qui ralentissent ou empêchent l’acquisition et l’automatisation de la lecture et de l’orthographe de manière optimale (précision et vitesse). » (Source : https://www.apeda.be/comprendre-troubles-dys/les-differents-troubles/dyslexie/)

 

Les troubles peuvent être observés :

 

  • Au niveau de l’analyse auditive : l’enfant entend correctement mais ne perçoit pas aisément la différence entre 2 sons phonétiquement proches, et/ou il a des difficultés à mémoriser/restituer les sons d’un mot dans l’ordre. L’apprentissage des correspondances graphème-phonème est donc laborieux. On parlera de trouble phonologique.

 

 

  • Au niveau de l’assemblage (« procédure par assemblage/phonologique/directe ») : Cette procédure se construit, s’élabore grâce à l’apprentissage explicite des règles de décodage (lecture) et de transcodage (écriture).
    Parfois, l’utilisation de cette procédure n’est pas optimale, elle ne devient pas automatique. On observera alors des confusions de phonèmes, de lettres, des substitutions de mots, la lecture et l’écriture prennent du temps. Les accords sont oubliés/incorrects. On parlera alors de dyslexie/dysorthographie phonologique.   

                                                                     

  • Au niveau du stock lexical (« procédure par adressage/lexico-sémantique/directe ») : Cette procédure utilise un stock de mots déjà rencontrés, connus. Elle permet une lecture rapide, une orthographe appropriée (homophones par exemple). Certains ne parviennent pas à se constituer ou à utiliser efficacement leur stock de mots. On parlera alors de dyslexie/dysorthographie de surface.    

                                                                                                

  • Au niveau de l’assemblage ET du stock lexical. On parlera alors de dyslexie mixte.

 

Ouvrage intéressant : GOETRY V., & autres, Editions Érasme, Collection à la rescousse, Génération Dyslecteurs, 2014                                                         

 

Conseils pour la classe :

 

  • Vérifier la compréhension d’une consigne avant de laisser l’élève faire un devoir en autonomie.
  • Privilégier la qualité des productions (relectures, corrections) plutôt que la quantité, écrire à la place de l’enfant (être son/sa secrétaire) de manière ponctuelle.
  • Utiliser schémas heuristiques (cartes mentales), des fiches de synthèses: il en existe des « toutes prêtes » ici : https://www.mescartesmentales.fr/). Elles permettent de mettre les informations essentielles en évidence, d’organiser les infos, d’aider l’enfant qui a des difficultés en lecture de gagner du temps pour l’apprentissage de ses leçons.

 

Conseils spécifiques à l’analyse visuelle :

 

  • Préférer les documents aérés (interligne 1,5, taille des caractères : 14, police sans empattement). Lorsque c’est impossible, photocopier le texte et surligner une ligne sur 2 avec une couleur, les autres lignes avec une seconde couleur.
  • Demander aux élèves d’écrire une ligne sur 2. Cela permettra de faire quelques rectifications (lors des relectures par exemple) sans rendre leur feuille illisible.
  • Proposer à votre élève d’utiliser des marqueurs fluos pour lui permettre de se repérer, d’organiser le texte (surligner les mots-clés d’une question, et garder le même fluo pour chercher les réponses dans le texte, par exemple).
  • Privilégiez les consignes simples (une phrase = une action). Présentez les consignes de manière aérée, un peu comme une check-list/une progression étape par étape. Au moment de la lecture des consignes, cela permettra de faire des annotations pour les mots incompris ; lors de la réalisation de l’exercice cela peut encourager une certaine méthode de travail et au moment de la relecture, cela peut servir de repère de progression du travail.                                                                                                                                                                                                                                                                             
  • La ponctuation passe souvent inaperçue. Elle peut être mise en couleur si nécessaire (rouge comme un panneau stop par exemple), cela permet une pause dans la lecture, et un questionnement sur la compréhension de ce qui vient d’être lu.
  • Proposer l’utilisation d’une latte, ou d’une feuille vierge pour faciliter la lecture. Cela limite la quantité d’informations visuelles et évite le saut de ligne.
  • Utiliser le surlignage avec 2 marqueurs fluos (une ligne sur 2 avec la 1ère couleur, et les autres avec la seconde).

 

Conseils spécifiques à l’analyse auditive :

 

  • Les confusions sont, la plupart du temps, auditives : les capacités de discrimination auditive ne sont pas efficaces, l’élève ne peut distinguer deux sons proches. L’enfant peut prendre conscience de l’utilité de cette distinction avec des jeux de « paires minimales» (= mots qui ne se différencient oralement que par 1 phonème comme pain, bain, daim, main, vin, fin…). Ensuite, il faudra faire appel à la proprioception, au toucher et à la vue car l’enfant a besoin de repères concrets non auditifs pour distinguer les 2 sons qu’il confond. On peut attirer l’attention sur la forme des lèvres, l’action de la langue, la vibration/l’absence de vibration des cordes vocales. On l’invitera ensuite à se dessiner son propre mémo et à le laisser quelques temps sur son banc pour y penser lors des relectures et des productions d’écrits.
  • Par exemple : on dit [d] en faisant taper la pointe de langue derrière les dents mais lorsqu’on dit [b] les lèvres se touchent comme lorsqu’on fait un bisou. On peut choisir le mot « dent » comme repère pour la lettre d et le mot « bisou » pour la lettre b.

                                                                                                                                                                                       

Conseils spécifiques pour la « procédure par adressage/lexico-sémantique directe » : 

                                                                                                                          

  • La fluence en lecture (autrement dit, vitesse de lecture) peut être évaluée en comptant le nombre de mots lus par minute. Cette habileté peut rapidement progresser en travaillant plusieurs fois sur le même texte. On prévoit donc un chronomètre et on compte le nombre de mots du texte choisi. La première lecture peut être silencieuse ou faite par vous-même ou par un camarade à l’aise en lecture.La seconde se fera à haute voix, pendant celle-ci on relève les erreurs de lecture et hésitations. Prenez une pochette de marqueurs de couleurs fins, ainsi vous pourrez noter les erreurs des différentes lectures sur le même texte. Ensuite, on détaille les erreurs avec l’élève (vocabulaire, décodage…), on s’assure que le texte est compris. On termine par une dernière lecture à voix haute qui est, elle-aussi, chronométrée. On peut ensuite comparer ensemble l’évolution de la vitesse de lecture. Le texte peut être relu et évalué plusieurs fois dans la même semaine.

                                                                                                                                              

On peut également proposer des lectures originales :  

   

À l’envers ! On peut commencer par le dernier mot du texte et terminer par le premier. Cette lecture n’aide pas à comprendre le texte mais oriente l’attention de l’élève sur un décodage correct.

Karaoké ! Le rythme de lecture est imposé. Dans le même principe il existe également les « lectures-flash » dans lesquels les mots apparaissent puis disparaissent au fur et à mesure (https://www.zapreader.com/reader/index.php , choisir 75 wpm/word per minute puis essayer plus lentement ou plus rapidement). 

À tour de rôle ! Les lecteurs lisent à tour de rôle, ils peuvent s’arrêter quand ils le souhaitent. Cela contraint chacun à suivre le texte des yeux tout a long de la lecture.  

D’autres astuces via : http://www.maitresseuh.fr/aider-les-eleves-a-lire-plus-vite-lecture-rapide-fluence-et-cie-a112931214

 

Conseils spécifiques pour le « stock lexical » (ce qui comprend l’orthographe lexicale) :  

                                                                                                                                                                                                       

On peut proposer différentes manières d’apprendre, chacun trouvera celle qui lui convient le mieux :

                                                                                                                                                                                                                                                           

- Épeler les mots, imaginer des histoires (mémoire auditive, verbale)

- Prononcer les lettres muettes (mots irréguliers tels que femme, monsieur, aquarium…)

- Écrire le mot dans le dos d’un(e) camarade, et le faire deviner (mémoire kinesthésique)                                                              

- Illustrer les mots pour se rappeler de leurs spécificités (mémoire visuelle).

- Présentation de matériels existants plus complète sur :http://www.maitresseuh.fr/aider-les-eleves-a-memoriser-l-orthographe-des-mots-orthographe-illust-a112928378

- Apprendre les mots par étape appelée aussi « l’apprentissage sans erreur » car lorsqu’on procède de cette manière, cela permet à l’enfant de ne pas enregistrer de mauvaise version orthographique du mot-cible. On demande à l’enfant de « photographier » le mot ; on écrit ce mot sur une ardoise effaçable, puis on efface la dernière lettre, c’est à son tour de l’écrire ; ensuite, on efface les 2 dernières lettres (ou sons lorsque c’est plus pertinent ainsi), et l’enfant complète ; on continue jusqu’à ce que l’enfant sache écrire ce mot seul.

Autres exemples : https://www.youtube.com/watch?v=Ncvt_Vw2rx0

                                                                                                                                                           

Conseils pour l’orthographe grammaticale :

 

Privilégier une cotation des dictées en plusieurs étapes : la première semaine, on présente une dictée à trous pour évaluer l’orthographe lexicale, la seconde on évaluera les accords des groupes nominaux, la 3ème permettra d’évaluer les accords verbaux. La dernière étape s’apparentera à une dictée « classique ». Enfin l’élève pourrait récupérer quelques points en réalisant une correction dans laquelle il devrait s’appliquer à corriger les erreurs et les justifier : une flèche ou le soulignage peut suffire pour indiquer que les mots, recopier une règle de grammaire, l’orthographe correcte d’un mot 5 fois.

D’autres astuces via : http://www.troisptitstours.fr/pages/les-compteurs-de-la-reussite.html                                                                                                                                                                                                                                                   

 

Conseil lecture pour enfants : Le tiroir coincé : Comment expliquer la dyslexie aux enfants, de Anne-Marie Montarnal  (Auteur), Pierre Milon (Illustrations), Editions Tom Pousse, 2011